Travailler pendant les vacances (de vos enfants)

Travailler pendant les vacances de vos enfants

Aaaahhh, les joies de l'indépendance... Travailler de chez soi ou d'une plage ensoleillée, sans autre contrainte que de se connecter à Internet et de recharger son portable ! De nombreux blogs vantent les avantages du nomadisme professionnel et leurs auteurs vous expliquent comment maintenir le lien avec vos clients tout en parcourant le monde. Mais ils oublient un petit détail... Le professionnel indépendant est souvent parent d'enfants en congés 16 semaines par an. Que faire donc de ces chères petites têtes blondes lorsqu'ils sont en vacances et que vous ne l'êtes pas ?

 


Stratégie n°1 : les éloigner

Premier réflexe, appeler Papi et Mamie. Une semaine chez les uns, une semaine chez les autres, les enfants sont soignés aux petits oignons par des grands-parents disponibles pour les emmener au cinéma, à la plage ou à la fête foraine, pendant que vous continuez tranquillement à vous consacrer à votre activité professionnelle. Pour ceux qui ont la chance d'avoir des grands-parents disponibles pendant les vacances, c'est la solution idéale (rassurante et économique) pour faire garder votre progéniture tout en entretenant un lien affectif entre les générations (voire une complicité entre cousins et cousines). N'abusez tout de même pas de leur gentillesse si vous espérez renouveler l'expérience !  

 

Pour ceux qui ne souhaitent pas se séparer trop longtemps de leurs enfants, votre ville dispose sans doute d'un centre de loisirs accueillant des groupes pendant les vacances scolaires. Encadré par des animateurs qualifiés, votre enfant participera chaque jour à de nouvelles activités manuelles, culturelles ou sportives et retrouvera sans doute quelques camarades de classe. Ce service est en général accessible à la carte pour un coût relativement faible, à condition de réserver des places longtemps à l'avance (se renseigner auprès de votre mairie).

 

Autres solutions plus éloignées de votre domicile : les camps de vacances qui permettent aux enfants de découvrir une région, de s'initier à diverses activités et d'apprendre les règles de la vie en collectivité ou les séjours chez les copains (à charge de revanche !).

 

Stratégie n°2 : les occuper

Dans cette catégorie, il y a les recettes qui marchent et celles qui ne marchent pas... En faisant des recherches pour cet article (et pour préparer les prochaines vacances de mes enfants) j'ai trouvé de nombreuses listes d'activités en tout genre à proposer à sa progéniture pour pouvoir travailler en paix : enfiler des perles, colorier des mickeys, voire même faire des devoirs de vacances « pour travailler comme Maman ». Je vous ferai grâce d'une telle liste, car je vous le dis tout de suite : laissez tomber ça ne marchera pas ! Il est scientifiquement prouvé qu'un enfant est irrésistiblement attiré par un adulte dont l'attention est accaparée par autre chose que sa petite personne (un ordinateur ou un téléphone par exemple). Il lui est alors physiquement impossible de résister à l'envie de lui poser tout un tas de questions, d'augmenter son volume sonore, de se disputer avec son petit-frère ou de casser le beau vase en porcelaine de Mamie ! 

 

Que faire donc pour vous concentrer ? La première option qui marche consiste à allumer un écran. Bon d'accord, vous ne décrocherez pas la palme de la mère de l'année, mais c'est imparable pour gagner une heure. Si leurs regards vides et leurs petits corps immobiles vous culpabilisent tout de même un peu, je vous recommande de réserver cette option aux cas de force majeure, d'autant plus que vous paierez ce manque d'activité plus tard lorsque vos enfants se défouleront dans la salle de bains ou au moment de se coucher parce qu'ils ne se seront pas assez dépensés dans la journée.

 

Reste la deuxième option qui marche, la babysitter. Vous savez cette jeune fille (ou ce jeune garçon) au teint rose et à l'énergie débordante, toujours prêt à jouer à cache-cache ou à se plier en quatre pour jouer aux petites voitures ? La babysitter est votre amie... choisissez-la bien et payez-la grassement pour qu'elle soit toujours disponible pour vous dépanner en cas de projet urgent. Encore mieux pour vous, amis polyglottes, embauchez une jeune fille au pair (ou un jeune homme, pas de sexisme). En échange du gîte et du couvert, elle pourra s'occuper de vos enfants quelques heures par jour et pourquoi pas leur apprendre une langue étrangère !

 

Stratégie n°3 : les rejoindre

À quoi bon lutter... cette période de vacances scolaires sera sans doute assez peu productive pour vous, donc pourquoi ne pas profiter de la fameuse flexibilité du travail indépendant pour partir avec vos enfants ? 

 

Même si vous ne bénéficiez pas de congés payés, rien ne vous empêche de faire des économies tout au long de l'année pour vous accorder une période de repos bien méritée. Prendre des vacances est indispensable, même (surtout) lorsque toute l'activité de votre entreprise repose sur vos épaules. Vous menez beaucoup de choses de front : la traduction, la formation continue, les relations clients, la promotion et la comptabilité de votre entreprise, mais aussi les enfants, votre conjoint, la maison, etc. vous avez donc bien besoin de vous accorder une pause pour vous reposer, mais aussi pour vous redonner de l'élan.

 

Pour que cette parenthèse n'anéantisse pas tous vos efforts de communication, pensez à prévenir vos clients de votre absence à l'avance et à leur proposer une solution de repli en cas d'urgence (un confrère pouvant vous remplacer par exemple). Personnellement, je m'accorde deux semaines complètes pendant lesquelles un message signale à mes clients que je suis en vacances. Je continue à consulter mes emails au moins une fois par jour pour répondre aux demandes les plus urgentes, mais les autres attendent mon retour. Pendant ces deux semaines, je prends enfin un peu soin de mon corps de traductrice encroûtée (sport, soleil, sommeil où étiez-vous passés ?) et je profite à 100 % des moments passés en famille, parce que la vraie liberté du freelance, c'est aussi de pouvoir vivre ces moments-là sans culpabiliser. Mais pour de vraies vacances sereines, l'année prochaine j'emmène une jeune fille au pair à la mer !

 

Si vous avez trouvé d'autres solutions pour travailler pendant les vacances de vos enfants, n'hésitez pas à les partager.

 


À propos de l'auteur

Professionnelle accréditée en commerce international ayant travaillé plusieurs années comme conseillère pour les PME, Gaëlle Gagné est devenue traductrice indépendante en 2005. À la tête de Trëma Translations, elle traduit de l'anglais vers le français et partage ses connaissances en gestion d'entreprise avec ses collègues traducteurs dans un blog intitulé Mes petites affaires.


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Commentaires : 8
  • #1

    Martine Fernández (jeudi, 19 juillet 2012 05:26)

    Gaëlle,

    Un article magnifique dans lequel tous les parents indépendants peuvent se reconnaître !

    Moi je fait une combinaison de plusieurs stratégies : deux semaines chez mamie et papi et deux semaines de centre de loisir. Le reste de l'été, une inversion du temps de travail (matin avec les enfants, après-midi boulot) et organisation en fonction des projets.

    Disposer d'un téléphone et un ordinateur portable facilite beaucoup la vie et permet de faire des escapades de quelques jours pour se ressourcer.

  • #2

    trematranslations (jeudi, 19 juillet 2012 12:03)

    Merci de partager ton expérience Martine. Tu as l'air d'avoir trouvé le bon équilibre entre ta vie de famille et tes obligations professionnelles. J'ai moi aussi décidé de tenter la stratégie « matins rigolos-après-midis boulot », mais heureusement que mon conjoint ou ma maman peuvent jeter un oeil sur les enfants quand je suis enfermée dans une pièce à travailler ! Et toi, comment les occupes-tu à ces moments-là ?

  • #3

    Carnet de trad (lundi, 23 juillet 2012 15:08)

    C'est vrai qu'on n'en parle pas souvent, mais les travailleurs indépendants ont souvent des enfants et ce n'est pas toujours facile à gérer!
    Mon fils n'a que 7 mois, pour l'instant, j'opte pour la garderie mais au fil des années il va falloir que je trouve une stratégie!

  • #4

    trematranslations (lundi, 23 juillet 2012 15:14)

    Au moins au Canada, ton fils ira à l'école le mercredi ! Pas facile non plus de jongler avec cette coupure hebdomadaire...

  • #5

    Marine (lundi, 30 juillet 2012 12:30)

    Bonjour,

    J'ai beaucoup aimé ton article, même si pour moi, c'est un problème qui ne se pose pas encore! Ceci dit, je le garde précieusement pour les prochains mois / les prochaines années... Merci de m'avoir fait commencer la journée avec le sourire!

  • #6

    trematranslations (lundi, 06 août 2012 04:04)

    Merci Marine ! En attendant d'avoir à mettre en oeuvre ces conseils, profite bien de ton été sans enfants (et fais une grasse mat' ou deux pour moi) ;)

  • #7

    Charlotte (mardi, 08 octobre 2013 06:59)

    Merci pour cet article, Gaëlle. Bien peu d'articles parlent de la vie personnelle des indépendants en parallèle de leur vie professionnelle. J'ai un petit garçon qui n'est pas encore en âge d'aller à l'école, mais je garde ton article sous le coude ! :)

  • #8

    Claire (mardi, 24 mai 2016 02:01)

    Mes enfants sont instruits en famille. Ils sont donc avec moi presque en permanence (sauf activités, séjours chez les amis ou dans la famille - disons qu'ils sont avec mois neuf à dix mois sur douze).
    Chez nous, on fait : matin boulot pendant que les enfants font la grasse matinée, après-midis rigolos (et courses), soirées boulot avec un dessin animé. Et je ne suis pas "enfermée dans une pièce pour travailler", j'avais jusqu'alors la chance de pouvoir travailler sans difficultés dans un certain bruit, pas trop haut quand même.